16/06/2006

Un peu de rêves.

Salut à tous,  il était temps que je revienne sur mon blog. Désolé mais je suis parti en vol quelques jours, et les connections internet des hotels coutent en général assez chères...Mais me voilà de retour,  quoique je repart dans deux jours pour Dublin.

Il y avait pas mal d'orages sur l'Espagne aujourd'hui,  d'où cette petite histoire...

J'ai fait mon entrainement F-16 aux U.S.A.,  à Tucson. Une période magnifique de ma vie,  beaucoup de boulot,  des vols extras,  une ville estudiantine avec toutes les festivités possibles,  et la chaleur de l'été avec les orages locaux.

Mon premier vol de nuit en F-16 était un "two ship",  avec comme mission de se familiariser à l'environnement du vol de nuit en F-16, de pratiquer pour la première fois de nuit du ravitaillement en vol,  du vol de formation,  et quelques approches aux instruments,etc... Il faut savoir que les vols d'entrainements sont maximisés,  premièrement pour savoir si "l'élève" est capable de s'adapter,  et  deuxièment de réduire les coûts...

Donc nous voilà parti de Tucson,  avec une météo extrèmement teintée d'orages,  qui se trouvent un peu partout auprès de la base.  Je commence la mission comme chef de patrouille,  avec un instructeur dans le même avion( je ne suis pas qualifié comme chef de patrouille en ce temps là puisque je suis un élève),  pour la terminer comme ailier.

Le radar ne donne aucune cellules orageuses devant,  donc go. A peine décollé, on se retrouve en plein dedans,  avec Polom( mon ailier) qui me suit à un mile nautique derrière,  et en plein orage...

Il faut savoir que sur F-16,  l'auto-pilote est très basique,  qu'il y a des barres de repos des bras (arm rest) de part et d'autres de la verrières, et que c'est la position idéale et très relaxante lorsque l'auto pilote est engagé.

A peine décollé,   l'avion va dans tous les sens,  balloté par cette cellule orageuse que mon fainéant de radar n'a pas voulu me montrer. Je discute avec mon instructeur,  entre les appels radios, de la meilleure trajectoire pour éviter cette météo,  et voilà que tous les poils de notre corps se hérissent comme ils ne l'ont jamais fait,  les feux de Saint-Elmes dansent une farandole incroyable sur la verrière,  nos sourcils tirent le front,  il y des trucs pas normaux qui se passent dans le cockpit,  beaucoup d'électricité,  représenté par des claquements secs,  et des petits flashs de lumières autours des instruments.

Je suis déjà depuis longtemps avec mes bras le long du corps, car il est spécifié dans le manuel de vol que lorsque l'éléctricité statique est trop forte,  il ne faut absolument pas toucher les barres de repos de bras.

Puis, à une distance estimée de 300 m,  un éclair.  Dans le quart de milliseconde après,  un arc d'une demi seconde se forme,  dans le cockpit,  entre les deux barres de repos de bras,  et se joignent juste devant mes yeux.  Mon instructeur derrière à la même chose... La lumière est tellement vive que nous ne voyons plus rien.  Heureusement l'auto pilote est resté connecté,  l'avion continue sa course suivant cette logique implacable de calcul,  heureusement.

Il nous a fallu 30 secondes pour récupérer un semblant de vision de nuit,  et de pouvoir ré-entendre Polom,  à qui la même chose était arrivée.

On se remet de nos émotions en sortant de la zone orageuse,  la mission continue,  changement de chef de patrouille,  retour à la base,  et me voilà ailier,  aile dans aile,  lors du retour en plein orage... Polom m'a juré que nous avions volé bien droit,  pour ma part,  le souvenir que j'en ai est d'avoir volé "sur le dos" pendant 15 minutes,  tellement cela secouait. Je le crois volontier,  mais le vertigo était plus fort que moi ce soir là....

Le de-briefing terminé,  les instructeurs et nous même avont eu le sentiment que nous méritions un petit "break liquide",  et nous avons terminé la nuit dans une guindaille réparatrice,  et bienvenue...

Un épisode que je n'oublierai pas. L'appréhension que j'ai ressenti après ce vol est vite parti,  car le lendemain soir les orages avaient disparus. Et là toute la beauté d'un vol de nuit en F-16, seul dans mon est avion,  je l'ai ressenti pleinement.

Une petite photo pour ponctuer ce texte.

 

 

03:21 Écrit par falconpilot | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Sympa le rêve ! Sympa de lire ce genre d'expérience. Ce qui est amusant c'est que je n'imaginais pas la suite de l'incident : je pensais après ce genre d'émotion on rentrait calmement au lieu de continuer la mission qui était plutot chargée. Tu écris "pour savoir si l'élève est capable de s'adapter", veux tu dire que chaque vol fait l'objet d'une évaluation qui si négative, pourrait conduire à un arrêt de la formation sur F16 ?
bàt
Alain

Écrit par : Alain | 18/06/2006

Magnifique image !
Je me suis toujours demandé ce qu'on voyait dans le cockpit d'un F-16 ;-)
Devenir Pilote de chasse, c'est mon rêve ...

Écrit par : Mika | 09/07/2008

Les commentaires sont fermés.